Violent réquisitoire des DSI contre les géants du logiciel

Les DSI des plus grandes entreprises françaises s’en prennent violemment aux principaux fournisseurs informatiques. Pratiques commerciales archaïques, manque de transparence, relation client bafouée, innovation bridée. Les promesses autour de cloud ne sont pas tenues. Les messages du rapport établi par le Cigref sur les relations DSI-fournisseurs IT sont durs. La colère est là. Un nouveau dialogue doit s’instaurer sur des budgets qui se chiffrent en milliards d’euros. Le logiciel libre est même brandi comme fer de lance de la révolte.

Pratiques archaïques, manque de transparence, relation clients bafouée, assèchement de l’écosystème, innovation bridée. Les mêmes chasseurs de primes qui viennent boucler leurs fins de trimestres à coups de promotions d’un autre âge. Les mots sont durs vis-à-vis des principaux fournisseurs informatiques. Un violent réquisitoire qui ne provient pas d’un seul client mécontent mais du Cigref lui-même. Ce club qui rassemble les 150 plus grandes entreprises et administrations voit ses 150 membres, tous DSI des plus grandes entreprises, organisations publiques et  administrations françaises lancer un gros coup de gueule. Une diatribe qui a pris racine en France mais dont la portée s’est étendue hors des frontières hexagonales puisque l’association EuroCIO s’est associé dès cet été à ce cri de colère.

Communiqué de Presse EuroCIO du 30 Novembre 2018

Le premier cri de colère a été lancé cet été

Un premier réquisitoire avait en effet été lancé fin juin. Mais une nouvelle salve a pris corps à l’occasion du salon Paris Open Source Summit qui se tenait il y a quelques jours. Dans un rapport intitulé « L’Open source- ou Logiciel libre- alternative aux grands fournisseurs », les DSI ont repris mot à mot leurs précédents griefs mais en insistant cette fois-ci sur la menace de se tourner vers le logiciel libre, qui, même s’il n’est pas gratuit, pourrait aider les grandes entreprises à se défaire de l’étreinte des mâchoires des géants mondiaux du logiciels. Une colère ravivée il y a quelques jours par Oracle dont le PDG Mark Hurd ne cache pas son intention de rehausser le tarif des licences de ses logiciels phares.

De nombreux oints d’irritation

L’ambiance est donc très tendue et les points d’irritation nombreux. Les gros acteurs américains de l’informatique directement visés. Et les DSI n’en démordent pas. « Nous nous faisons avoir par des fournisseurs qui n’appliquent pas les principes mêmes de souplesse et d’agilité du cloud. Les promesses ne sont pas tenues. Le paiement à l’usage n’existe que dans les discours. Sur le terrain, nous sommes repartis sur des modèles économiques à bout de souffle… ». Cela, au moment même où ces entreprises dont les budgets informatiques se chiffrent en milliards d’euros vivent une transformation en profondeur de leurs processus, de leurs organisations, et même de leurs modèles économiques au travers du phénomène de la transformation digitale.

Le logiciel libre brandi comme le bras armé de la révolte

Le rapport du Cigref épingle ainsi durement en série tous les griefs des relations DSI-fournisseurs. Mais il est aussi force proposition et appelle au dialogue. « Les grands patrons de ces acteurs de l’IT nous connaissent, nous les avons tous rencontrés au cours de ces dernières années. Le dialogue n’est pas rompu, mais il doit reprendre sur de nouvelles bases. Certains ont commencé à bouger et à avancer pas à pas sur les points d’irritation. « Nous allons rapidement voir leur marge de manœuvre », indique le Cigref. Et ce dernier d’évoquer donc les alternatives open source qui –à l’exemple de ce qui se passe dans l’administration- prend peu à peu sa place dans les entreprises y compris sur des projets stratégiques.

Les nouveaux acteurs, du cloud notamment, ont eux-aussi bâti leurs stratégies commerciales sur les principes de cette informatique en nuages et Open Source. On sent en tout cas des dirigeants très remontés, qui veulent enfin un vrai modèle de co-innovation, ce qui suppose une relation clients repensée, tout en évitant ce phénomène de dépendance qui a trop duré. La colère a pris la forme d’un rapport qui doit servir de base à un nouveau dialogue.

 

Très légèrement adapté de l’article initialement publié le 14 décembre 2018 sur LinkedIn par Frédéric Simottel, Editor in Chief at 01 Business Forum & Tech, Columnist BFM Business, BFM TV

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